Les limites de la cité : espace, pouvoir et société a Livourne au temps du port franc (XVIIe-XIXe siècle)

Les limites de la cité : espace, pouvoir et société a Livourne au temps du port franc (XVIIe-XIXe siècle)

Date de publication
07-2017

Auteur publication

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Livourne fut un grand port d’entrepôt méditerranéen, cosmopolite et marchand, en partie organisé en « nations ». Mais c’était aussi une cité italienne d’Ancien Régime, en majorité peuplée de catholiques,  le plus souvent originaires de la péninsule. Cité marchande et cité princière, principal débouché de la Toscane en Méditerranée et espace privilégié de circulation des hommes et des idées nouvelles, Livourne fut aussi la vitrine urbanistique des Princes, ville contrôlée et enserrée dans l’enceinte du port franc, intégrée dans un plan géométrique inspiré des cités idéales de la Renaissance. L’ouvrage étudie d’abord le fonctionnement de cette cité, décrivant un modèle urbain construit et reproduit sur les limites. Limites spatiales et économiques d’abord, car c’est aux marges de la ville, à la limite du port franc, que se définit puis se recompose l’espace urbain. Mais aussi limites sociales et politiques, car c’est à partir des différences de statut et par la place accordée aux « nations » que se structurent les relations entre groupes citadins et gouvernement de la cité. La place des communautés allogènes et de leurs notables dans la vie citadine, ainsi que leur position dans le processus local et régional du Risorgimento constituent dans ce cadre un aspect central du livre, qui décrit aussi les évolutions du système livournais entre le temps du despotisme éclairé (deuxième moitié du XVIIIe siècle) et la première décennie du rattachement au royaume d’Italie, jusqu’à sa désagrégation, sanctionnée par l’abolition du port franc (1868). Ce faisant, il trace  l’histoire d’un modèle de modernité citadine, souvent précoce et dynamique mais affaibli par ses contradictions et ses limites. C’est aussi l’histoire d’un passage des « nations » à la nation, un processus dont l’issue n’était pas écrite d’avance et qui fut marqué par un temps de forte affirmation de l’identité locale et régionale.